À la manière dont Fernand Nault aimait le raconter, il y eût beaucoup de lampions d’allumés et bien des neuvaines récitées à son égard quand, à la fin de son adolescence, il annonça qu’il voulait devenir un autre Fred Astaire. Nault, qui a été élevé dans une famille modeste de l’est de Montréal, dévouée au catholicisme, était pressenti pour une vie au sein du clergé. La danse, sauf pour le folklore, était fortement désapprouvée par le Québec de son enfance, dominé par les influences de la religion. Nault n’est jamais devenu un danseur de claquettes mais réussit tout de même à atteindre le succès dans le monde du ballet et à obtenir une certaine reconnaissance de la part de l’église.

Un peu plus d’un quart de siècle après avoir choisi les collants plutôt que la soutane, Nault a mis sur scène la Symphonie des Psaumes de Stravinsky. Cette performance à l’Oratoire St-Joseph de Montréal, durant la Semaine Sainte de 1969, symbolisait le changement dans la société québécoise qui se produisit durant la longue absence de Nault.

Le Canada d’alors ne lui offrait pas beaucoup d’opportunités. En 1944, Nault a saisi la chance d’être auditionné par Anton Dolin pour un poste au Ballet Theatre, lors d’un passage à Montréal, ou le danseur de renommé Todd Bolender s’était blessé durant une tournée de spectacles. Le contrat initial de 6 semaines est devenu un séjour de plus de 20 ans avec la fameuse troupe. Durant cette période de sa carrière qui s’est déroulée aux États-Unis, Nault est devenu un important danseur de caractère et plus tard, un maître de ballet avec une mémoire remarquable